Il est né au Cameroun. Il est aujourd’hui Professeur d’histoire et de sciences politiques à l’Université de Witvatersrand (Johannesbourg) et directeur de recherche au Witwatersrand Institute for Social and Economic Research (WISER) à Johannesburg.
En publiant De la postcolonie (Editions Karthala 2000, nouvelle édition revue et augmentée 2005), Achille Mbembe s’est affirmé comme un des penseurs les plus féconds dans des domaines qui relèvent de l’histoire, de la sociologie et de la philosophie politique. Bien qu’édité d’abord en France, cet ouvrage a surtout fait l’objet de débats passionnés dans les universités anglo-saxonnes. L’auteur est conduit à développer une double critique dont l’actualité est évidente : celle de l’universalisme abstrait (qu’il analyse comme une nationalisation de l’universel) mais aussi celle d’un certain usage des postcolonial studies qui, à trop mettre l’accent sur les différences, se détournent de la recherche du semblable. Il cite également les traits qui font la force des « démocraties occidentales » : le compromis sur lequel est fondé l’Etat Providence, la capacité de légitimer les antagonismes sociaux à travers des formes d’affrontements politiques plus ou moins pacifiques et la constitution à travers ces antagonismes mêmes d’un monde commun. Si ces atouts aujourd’hui se délitent, sa réflexion sur l’éthique du prochain est bien de nature à renouveler la réflexion politique contemporaine.